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28 mars 2021 7 28 /03 /mars /2021 15:16

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23 janvier 2021 6 23 /01 /janvier /2021 17:53

Moi,… la jupe

Au départ le titre devait être "jupe ou pantalon", découvrant le titre d'un théma d'Arte, ayant ce titre, je change.

Les vêtements pourraient être un élément aussi banal que se laver les dents. Je ne le pense pas.

Je penses que l'habit, le vêtement sont les symboles, plutôt une des éléments de la civilisation. Les colonisateurs arrivant aux Amériques ou en Afrique ont exigé des populations de se vêtir. On pourrait penser que ne pas porter un vêtement, ne pas cacher sa nudité est un péché. Les esclaves aux Amériques n'avaient que des vêtements succincts. Notre imaginaire personnel attribue une façon de se vêtir, codifiée par des manières, des codes de la civilisation, ou de classe.

Pourtant il me semble qu'Adam et Eve ne portaient pas de vêtements. Pourtant ils sont le début de notre civilisation.

Après mai 68, ne pas porter de soutien gorges pour les nanas, pouvaient montrer une certaine forme de libération. A une époque, porter un jean était une marque de différence. Dans certaines familles, le port du jean était de "mal". On ne pouvait pas aller partout, en jean. Quand j'étais lycéen, le jean était déconseillé au bahut.


 

L'autre jour, en lisant une revue, j'ai découvert que le port du pantalon était interdit au femme, par une ordonnance de police du 26 brumaire an VIII (17 novembre 1799), signée par le préfet de police de Paris qui se déclare « informé que beaucoup de femmes se travestissent, et persuadé qu'aucune d'elles ne quitte les habits de son sexe que pour cause de santé ».A cette époque, il fallait justifier des raisons médicales et demander une autorisation à la police pour pouvoir enfiler un pantalon, vêtements réservés aux hommes. En avril, l’an passé, plusieurs députés radicaux de gauche ont déposé une proposition de loi à l'Assemblée nationale pour abroger l'interdiction, toujours en vigueur, du port du pantalon par les femmes. Je ne sais pas si elle a été votée par cette assemblée comblée de beaucoup d'hommes.

Lors d'une formation sur l'autisme, le docteur Gabbaï racontait que lors qu'il était médecin dans l'établissement La Force (Dordogne), il ne comprenait pas pourquoi le temps de la toilette était souvent source de conflit violent. Lors d'une observation, il remarque que les vêtements de la personne accueillie était par terre sur le sol de la salle de bain. L'éducateur pouvait marcher sur le linge sale. Dès que le linge sale fut mis dans une corbeille, le temps de la toilette devenait serein.

La peau est l'enveloppe du corps, un peu une forteresse qui protége le corps. La peau pourrait être quelque chose qui touche le psychisme. Je pense que pour le psychotique, en construction , cette peau est l'enveloppe intouchable. Souvent il transforme le vêtement en peau supplémentaire. Ce port semble atténuer la violence qu'il ressent, la douleur qu'il ressent. Un peu une éponge qui "essuierait" leur mal être.

Le vêtement garde en nous la trace de notre petite enfance. La maman choisit l'enveloppe qu'est le vêtement, l'admire. Souvent l'achat de vêture pour la maman , peut démontrer ses marques d'amour. Le temps de l'habillement de l'enfant est un temps fort dans la vie de l'enfant. Notre regard dans la glace après notre habillage, avec telle tenue, nous renvoie des images de ce temps de douceurs.

Enfant, je mettais mes habits de dimanche quand j'accompagnais mes parents en visite. Petit, j'avais une cravate avec un élastique, puis adolescent une vrai cravate. Mon premier costume m'a été acheté pour le mariage de ma marraine, j'avais 7 ans.

Ce temps est chargé de sens. Le sujet autour de l’habit est inépuisable. j’ai envie d’écrire que se vêtir est autrement plus complexe que le besoin physiologique auquel il répond. S’habiller renvoie une image belle, à l’autre, peut changer la relation avec l’autre


 


 

Je suis directeur bénévole d'un camp des Eclaireurs de France, accueillant des enfants handicapés mentaux. La différence avec les autres enfants ne doit pas venir de l’hygiène ni de la tenue de l’enfant. Des animateurs ne comprenaient pas que je ne voulais pas que les enfants sortent du camp grimés en hippies.

En institution, la vêture est une tâche semi annuel pour les adultes accueillis en foyer. Acheter des vêtements pourrait être ce rituel. Le rituel a une fonction de communication qui est essentiellement expressive et symbolique. Ces rituels permettent d’organiser l'année.

 

Jacqueline, personne ayant des troubles de la personnalité était très mal au moment de la vêture(juillet et décembre). Une espèce de boulimie du vêtement s'est installé au tour de Jacqueline. La psychiatre qui l'accompagnait dans le soin , disait que nous étions dans la folie, la plongeait dans la folie. Pendant 5 mois pas d'achat de vêtements et tout à un coup un ou deux caddies @.

Elle ne pouvait aller Bien devant ce tsunami d'habit. Carole, sa référente institue plusieurs temps d'achat dans l'année, elle cousait dans la soirée les marques, pour que Jacqueline puisse mettre le lendemain, les vêtements achetées ,.

Jpierre, personne ayant des troubles de communication vit l'achat de vêtements comme un temps de bonheur. Mais il ne pouvait pas les mettre avant le camp. Il était mal, avoir choisi un vêtement et attendre pour le porter. Nous l'enfoncions dans une folie

Jacqueline, et Jpierre, comme d'autres résidents accueillis au Foyer, semblent avoir vécu des temps abandonniques . Michel Lemay dans son livre "j'ai mal à ma mère parle de ses enfants en déficit affectifs.

La privation de milieu familial normal, notamment celle d’une image maternelle satisfaisante, entraîne, on le sait, des conséquences qui peuvent être fort dommageables pour le développement d’un être humain et retentir, à travers son enfance et son adolescence jusque dans la vie adulte.

Michel Lemay parle de l'impossibilité de cicatriser cette blessure narcissique. L'enfant se remplit pour essayer de combler ses trous. Mais il n’arrive pas à fermer cette plaie. J'imagine que les vêtements sont peut être un pansement sur cette blessure, quelque chose qui soulage, tout simplement une éponge absorbante la souffrance..

Le vêtement est porteur d'une tache affective pour les personnes accueillis au Foyer Le Reynard. C'est la limite, entre l'intime ( ce que je veux cacher) et le monde (ce qui se voit). Partir en vêture est un temps important, privilégié et individuel, avoir le droit de choisir une jupe, une chemise ou un pantalon. Mais aussi choisir pour faire plaisir à l'éducateur…ice qui accompagne ce temps. Résidant comme éducateur, chacun apporte ainsi sa pierre à la relation, à cette envie d’avoir des vêtement beau. et en est en même temps co-auteur et co-acteur.

Pourtant, ce temps de vêture est un temps de projection. Ce choix de vêtements est souvent "comme j'aimerai être habillé et non "comment il aimerait être habillé.

Une discussion que j'ai souvent avec des collègues plus jeunes est souvent comment "habiller" le résident". Elle souhaiteraient qu'ils s'habillent en moderne, comme elle aime s'habiller. Tant pis si le résident a plus de 40 ans. Souvent, je laisse le choix à Jacques de choisir entre un pantalon et un panta-court

Y a Claire, derrière moi, qui me soufflent et si le résident choisit le panta-court ?

Pour terminer, j'aimerai parler du rangement des armoires. Dans le secteur handicap mental, ce temps semble être un temps obligatoire. Certains chefs vont vérifier l'état de rangement des armoires des personnes accueillis. J'ai même entendu des chefs faire la remarque à des collègues . Pourtant, j'ai travaillé en Mecs, pas d'obsession de rangement d'armoire. Pourquoi ? es ce le fait que l'enfant en difficultés sociales, parle exige? Ou tout simplement une forme d'accompagnement.

L'armoire de la personne n'est elle pas l'image interne de la personne ?


 

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4 octobre 2018 4 04 /10 /octobre /2018 14:56

Le deuil est régulièrement la réaction à la perte d'une personne aimée ou d'une abstraction mise en place, la patrie, la liberté, un idéal, etc. (Freud 1915)

 

Vivre un deuil, c’est avant tout accorder de l’importance aux journées qui précèdent la cérémonie et aux différentes étapes qui aident à se séparer d’un être aimé. Phrase tirée d’un rite protestant.

Au foyer, il est important que nous pensions le deuil, rien que pour les résidents, non morts.

Comment construisons-nous quelques choses, en tant que professionnels de la relation.


 


 

 
Les manifestations normales
du deuil

 

LES SENTIMENTS

Au cours d'un deuil, on peut vivre à différents moments un ou plusieurs des sentiments suivants :

  • Le chagrin.

  • La colère ou la révolte.

  • Le ressentiment.

  • L'anxiété, l'angoisse.

  • La culpabilité.

  • Le soulagement.

  • L'ambivalence.

  • L'incompétence.

  • L'engourdissement émotif.

  • L'obsession, un désir de contact avec la personne disparue.

 

LES COMPORTEMENTS

Au cours d'un deuil, on peut manifester un ou plusieurs des comportements suivants :

  • Des pleurs.

  • Des soupirs.

  • Des lamentations, de la verbalisation.

  • De l'hostilité, de l'agressivité.

  • De l'impatience.

  • De l'isolement, un retrait social, de l'évitement.

  • De l'apathie.

  • De la distraction.

  • Un "fonctionnement automatique".

  • De l'hyperactivité.

  • Un sommeil perturbé (manque ou excès).

  • Des rêves fréquents ou même des cauchemars.

  • Une identification à la personne décédée.

  • Une fuite dans les drogues, dans les médicaments ou dans l'alcool.

  • Un manque d'intérêt pour l'hygiène et pour les activités courantes.

Important : N’hésitez pas à consulter un spécialiste si certains de ces comportements sont persistants ou vous inquiètent.

 

LES SENSATIONS PHYSIQUES

Une personne endeuillée peut manifester un ou plusieurs de ces symptômes :

  • La bouche sèche.

  • Une déglutition difficile.

  • Un serrement au niveau de la gorge ou de la poitrine.

  • Une crispation dans la région gastrique.

  • Des bouffées de chaleur.

  • Une transpiration soudaine et exagérée.

  • Des palpitations cardiaques.

  • Une vision embrouillée.

  • Des tremblements.

  • Des douleurs physiques.

  • Une perte d'appétit, une altération du goût.

  • Des troubles digestifs, des diarrhées.

  • Une hypersensibilité au bruit.

  • Des maux de tête, des migraines.

  • Des tensions ou des faiblesses musculaires.

  • Un manque d'énergie.

  • De l'hypertension artérielle.

Important : N’hésitez pas à consulter un médecin si vous éprouvez des malaises persistants ou si vous observez une détérioration de votre état de santé.

 


 

Aider quelqu'un
qui vit un deuil

 

 

CE QUE VOUS POUVEZ FAIRE POUR AIDER UNE PERSONNE ENDEUILLÉE

  • Dites-lui que vous compatissez avec elle et qu'elle peut compter sur vous pour l'accompagner dans ces moments difficiles.

  • Laissez-la parler de la personne décédée aussi longtemps et aussi souvent que le besoin s'en fait sentir. Soyez une bonne oreille.

  • Exprimez-lui combien vous êtes affecté par la perte qui l'afflige. N'hésitez pas à parler de la personne décédée et à mentionner ses qualités.

  • Au besoin, donnez-lui un peu de votre temps pour l'aider dans la réalisation de ses tâches quotidiennes.

  • Soutenez aussi les autres membres de sa famille qui sont eux aussi affectés par la perte et qui ont besoin d'être consolés.

  • Incitez-la à être patiente envers elle-même et ses proches.

  • Soyez rassurant lorsqu'elle se charge de reproches, dites lui qu'elle a fait tout ce qu'elle pouvait.

 

ATTITUDES AIDANTES

  • chaleur humaine

  • patience

  • respect d'autrui

  • authenticité

  • ouverture d'esprit

  • compassion

  • honnêteté

  • écoute active

  • empathie

  • respect de soi (ses limites)

  • disponibilité

  • compréhension

  • souplesse

  • congruence

Le foyer a vécu 4 deuils dont 2 au foyer.la première décédé au foyer, s’est laissée tomber (DOCTEUR Felbabel°, ancienne psychiatre du Reynard) le 2 a fait une fausse route.

Pour Philippe, le 2, un soin funéraire lui a été fait avec la remplaçante infirmière et un éducateur, puis il fut couché sur le lit. Les résidents accompagnés par un éducateur ont pu le saluer.

L’important est que le résident quitte le foyer habillé, avant la chambre mortuaire. Le petit hic est que les 2 fois l’employer des pompes funèbre est venu seul. Un éducateur a été réquisitionné pour descendre le corps. Point à négocier avec l’entreprise funéraire. Ou funéraille solidarité, entreprise funéraire,

Quel processus mettons-nous en place ou c’est le cadre présent dans toute sa toute puissance qui décide ?

La cérémonie qui prononce un mot. L’éducateur référent, un cadre…

Pour un résident sans famille proche enterrement ou crémation, fosse commune ou jardin du souvenir. Quel rite religieux ou pas.

Le mot avant l’enterrement qui le prononce, qui gère un cadre, un éducateur ?

Quel rite lors d’un décès à mettre en place au foyer

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29 décembre 2015 2 29 /12 /décembre /2015 15:20

Le changement, un accélérateur

Pour commencer ce travail autour du changement, j’ai fait une recherche sur internet. J’ai découvert que beaucoup de personnes ont écrit dessus.

D’après wikipedia, le changement indique le passage d'un état à un autre. Il peut s'exercer dans des domaines très divers et à des niveaux différents.

Pour définir le changement, nous pouvons donc parler de modification d’un état ou d’une situation. Le changement semble être une étape importante pour le sujet.

Le changement est-il une source de peurs ou de vie ?

D’après la psychologue et psychothérapeute Cécile Kapfer, auteure de Dépasser ses peurs (1), le changement génère de la peur, et « cette peur est exacerbée par le fait que nous avons tendance à vivre en pilotage automatique la majeure partie de notre temps, refusant de nous remettre en question ». Nous savons ce que nous quittons, mais pas ce que nous découvrons. Nous avons peur de l’inconnu, nous angoissons. Nous voulons savoir ce que sera demain ou après-demain. Cette angoisse peut se transformer en besoin physiologique (manger, dormir…), ou en une somatisation, comme un mal de tête ou un mal au ventre.

Les résidents ont vieillis, leurs parents aussi :

Il y a quelques années, le père de Stéphane et le père de Jack étaient membres du conseil de la vie social. Je siégeais aussi dans cette instance. Leurs 2 fils partaient chez leurs parents tous les Week-ends. Quand nous parlions ensemble du futur, ils me répondaient que c’était tout réglé. Pour les parents, il n’y aurait aucun changement de rythme lors des week-ends. L’un et l’autre iraient chaque semaine chez leur sœur, comme ils le faisaient avant chez leurs parents. Aujourd’hui, Stéphane va chez sa sœur une fois par trimestre et le samedi seulement, il part à 10h et revient à 18h. Jack va irrégulièrement chez son père, depuis que sa mère est morte, il y a 10 ans, ou chez sa sœur. Pourtant leurs parents s’étaient engagés devant eux et moi, sur l’organisation futur des Week-ends. Les parents pouvaient-ils tout prévoir à la place de leur enfant ? Entre le souhait parental et la réalité, il y a une fracture.

Le changement semble être la condamnation imposée par la vie :

Jacques est né fin des années 60. Sa mère a accouché sous X et il a été abandonné à la naissance. Il a été placé à la cité de l’enfance jusqu’à 10 mois puis il a évolué vers d’autres institutions. Ce sont donc des changements complets de milieu qui marquent le début de sa vie. Dans son dossier il y a beaucoup de renseignements sur sa famille génitrice : faut-il y voir une parade contre le changement précoce ?

Au foyer, Jacques avait une relation privilégiée avec l'ancienne maîtresse de maison. Jacques a été très peiné quand elle est partie à la retraite.

Son regard est un temps festif, mais d’une fragilité de cristal de Baccarat. Il est souvent devant des changements qui sont pour lui des ruptures, je dirais même des déchirures. Maintenant, il rencontre une fois par an sa tutrice : une « médiation au changement » s’impose-t-elle suite à tous ces bouleversements?

Aujourd'hui, Jacques est un sujet qui crée lui-même ce tiers (le changement !) dans la relation, car à travers sa psychose il oblige à créer des outils éducatifs. Il nous force à être professionnel et à changer notre pratique.

Plusieurs interrogations me viennent à l’esprit : Comment je vais réagir au changement ? Est-ce que je vais accepter ou subir cet état et cette étape ?

Le changement est un moyen d’avancer et peut aboutir à une mutation du sujet.

Le changement dans la vie de citoyen de Rhône alpes peut amener des bouleversements. Par exemple, lorsqu’on quitte un lieu géographique pour un autre lieu. Ce changement amène beaucoup de transformations dans la vie. Si un sujet habitant Paris se retrouve dans un village du Lyonnais, fini le déplacement facile avec les transports collectifs. Il y a même un changement au niveau culturel, car il a besoin d’avoir un moyen de déplacement pour aller au cinéma ou au concert.

Changement aussi dans les relations : notre entourage est touché par notre changement. Le sujet doit retisser des liens pour se refaire des connaissances. Ce n’est pas toujours facile, mais ces rencontres peuvent aussi provoquer un temps de joie.

Quand, je travaillais fin années 80, dans un foyer d’hébergement CAT, le directeur disait « les pensionnaires âgés de plus de 40 ans, ont rencontré des centaines de professionnels, ils n’ont pas été choqués par les séparations et les changements ». Aujourd’hui, s’ils doivent changer de lieu de vie, on pense que ça sera difficile pour eux. Souvent les professionnels s’inquiètent de la réaction future du résident. Pourtant dans beaucoup d’institutions, le changement est inscrit dans le projet.

En juin 1991, j’ai écrit une lettre à Lien Social, elle est parue la semaine où je passais les épreuves du diplôme de Moniteur-éducateur. Je disais que je me voyais changer d’établissement tous les 5/6 ans. Aujourd’hui, j’ai 22 ans d’ans d’ancienneté. Je suis resté car j’ai pu sublimer au travail, j’ai pu mettre en place des projets autour de la culture, dont la médiathèque à Givors. Je me fais plaisir au travail.

En institution, nous parlons de changement d’équipe : fin de contrat, démission ou retraite, restructuration des équipes.

Au foyer nous changeons d’équipe tous les 4 ans. Un des arguments est que cela éviterait un encroutement des professionnels, cela éviterait qu’ils s’approprient les résidents. Avant le changement d’équipe, nous travaillons sur l’évaluation de notre travail antérieur. Nous inventorions notre boite à outils professionnels.

Dans nos institutions, la direction souhaite le changement, le leur, comme elle le veut. La direction veut contrôler, comme cet écrit, pour contrôler le changement qui risque de les déstabiliser.

La question est donc la suivante : le changement se produit-il avec difficulté ou avec facilité ?

Nous éprouvons une souffrance ou un handicap suffisamment fort pour dépasser notre inertie habituelle, mais également et surtout, pour avoir au moins l'impression que nous ne sommes pas pour rien dans cette souffrance, ce qui nous donne le sentiment rassurant de contrôler les choses. Je suis responsable de ma situation, je prends la maîtrise de ma vie.

Mais je pense aussi qu’en modifiant notre inertie, le changement produit une souffrance car l’inertie est une chose qui nous protège.

Quand nous entreprenons une démarche de changement, nous affrontons l'inconnu à nouveau. Nous risquons de perdre nos sécurités installées depuis des années et qui nous protègent. Ces sécurités nous rassurent. Mais s’y enfermer c’est aussi s’installer un mur, une forteresse autour de soi pour éviter le changement.

Nous sommes responsables, volontairement ou pas, de ces problèmes qui peuvent nous ennuyer, nous envahir l’esprit. C’est pourquoi nous ne pouvons faire l’économie de cette difficulté à changer les choses, à changer notre vie. La vie nous force au changement, c’est la réalité.

La capacité de changement est surement un atout professionnel pour améliorer notre pratique.

Le changement nous permet de compléter notre boite à outils professionnels.

Le changement est ce mouvement qui transforme notre travail personnel.

Jean-Pierre MEYER

Moniteur-éducateur

Foyer occupationnel le Reynard, Ampuis

  1. Dépasser ses peurs, Cécile Kapfer, Ellébore, 2011.

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18 octobre 2013 5 18 /10 /octobre /2013 11:26

cet écrit a été lu lors de la journée des institutions au foyer de l'étang carret de Dommartin, le 17 Octobre 2013

 

Allô Docteur, Bobo

Quand je lis les mots  prendre soin », je pense toujours au docteur. Qui n’a pas joué au docteur ? Jouer à soigner le petit frère, la petite copine, comme maman nous a soignés.

Dans nos foyers, « prendre soin » est la valeur principale de notre métier.

Prendre soin est d’abord prendre soin avec les familles. La famille est un groupe social, c’est une communauté de sang, une lignée. Mais il y a eu un accident, un des membres de cette famille est handicapé à la naissance ou après. Pour les parents, il peut avoir  un sentiment de culpabilité, renforcé par le regard de l’autre. L’enfant fait parti d’une cellule, la famille. Elle façonne ses membres, " ses composants". Le résident sait qu’il vient de quelques parts.  Nous sommes co-éducateurs avec les parents. Leurs enfants sont des adultes, être parents c'est difficile, encore + avec des adultes handicapés. C'est vrai que nous pouvons juger les carences de la part de certains parents, mais qui juge de nos propres carences.

Les parents portent un fardeau. Deux de mes proches a eu en 1942, un garçon IMC. En 1945, il rencontre pour être aidé le Dc Kholer. A la question sur le devenir de leur enfant le docteur leur conseille de l'abandonner  dans son cabinet, de l’oublier.. Aujourd’hui, Jpaul est résident au foyer Le Révolat à Feyzin.

Et les difficultés de la fratrie ?

Avec le psychologue du foyer, nous rencontrions la maman de Charles, en l’écoutant, lui racontant son fils,  les « bons actes. Elle s’étonne de nous entendre dire, de parler de son fils Charles en termes chaleureux, rappeler les paroles de Charles, comme cette expression « c’est pénible », une des premières expressions que Charles a installé dans nos échanges. J’ai encore en mémoire, le visage de la maman à la fin de l’entretien me disant que c’est la première fois qu’elle entendait  des mots « gentils » sur son fils. Son enfant adulte avait des difficultés, mais elle portait les siennes et celle de son fils

Nous avions essayé de réhabiliter une mère jugée comme pas bonne, perturbée. Je n’ai pas la compétence pour la qualifier de bonne ou de mauvaise mère. Je comprends la douleur devant les difficultés de son fils de relations entre eux, d’être mère, d'être celle qui a enfanté Charles, un être humain, non un monstre.

Suite à des réunions de travail au sein de l'équipe éducative, nous décidons  de  la mise en  place d’un  projet pour tisser  une relation entre Charles et sa mère, par le courrier. La construction de quelques choses remet de la valeur, face à des actes catastrophiques. Nous aidons le résident à se construire.  . Pour moi les mots que je dis ou j’écris,  remets de la vie, c’est un peu, un semis, la création d’un espace de vie.

Nous prenons soin par le quotidien, base de notre travail en foyer.

Nous utilisons la médiation, pour faire tiers dans nos relations. La médiation permet de tisser du lien avec la personne accueillie, de mettre un tiers dans la relation, d’installer un échange entre l’éducateur et la personne accueillie. Certains résidents ont besoin que l’éducateur ouvre des portes.

Le quotidien permet au  résident d’exister.  Le quotidien est au niveau naturel, il ne fait appel à rien. Les règles de vie organisent celui-ci, Le quotidien est la vie mais aussi le lieu de conflit entre le souhait de l’individu et les obligations de la collectivité (heure, lever, coucher, toilette..) Le quotidien est le premier labour de la journée. Comme le paysan  met  le sol en sillons séparés par une raize (rigoles servant dans les champs à l'écoulement des eaux), nous accompagnons la construction  de l’adulte.

En même temps, nos paroles et nos regards sont le  fumier, fertilisant  l’adulte. Je mets des mots. Nos écrits lui disent ce que tu fais est intéressant. , 

Nous travaillons avec les services des hôpitaux du Vinatier et de St Jean de Dieu. Certains résidents sont suivis à Vienne par un psychiatre libéral.

Les entretiens sont réguliers. Le résident se rend à l’entretien accompagné par

L’éducateur référent ou va en taxi seul.

Ce temps est le temps, où le résident s’exprime  ou utilise la parole de l’éducateur référent pour parler de sa vie. Ces rencontres  sont  la cabane à outil pour les équipes éducatives

Lors des entretiens avec le psychologue de l’établissement, lors des entretiens au Centre Médico Psychologique, nous décidons de mettre des mots, sur ce qu’il peut nous paraître monstrueux. L’entretien peut aider le résident à mettre des mots sur des images, des idées qui sont dans sa tête, peur d'un abandon, de déplaire à l'autre, d'être un peu monstrueux, le mauvais sujet de l'institution.

Le psychologue du foyer reçoit le résident à sa demande 1 fois par mois. Il est toujours accompagné par le référent.  Cette rencontre est une mise en mot. Les mots viennent rapidement modifier notre vision du résident. Mettre des mots non jugeant, permet au résident de ré exister, en tant que sujet. Lors des synthèses ou lors de l’écriture du projet personnalisé, le psychologue du foyer fait un renvoi écrit à l’équipe

.

La richesse du Reynard est les activités, les résidents nomment les activités d'externat, "Travail".  Mais  nous ne sommes pas dans un système de production de type CAT. Nous faisons attention aussi, à ne pas tomber dans une concurrence déloyale envers les horticulteurs professionnels.

Je vais vous parler du temps jardin, médiation auquel, je participe.

Depuis plusieurs années, le travail de l'atelier "jardin" est définit comme outil de relation avec les résidents et entre les résidents. Nous avons privilégié des petites productions et la diversification des plants, des cultures. La vente se fait surtout auprès des résidents désirant faire un cadeau à un parent ou à un autre collègue, auprès du personnel du Reynard.

A l'atelier jardin, le travail permet au résident, même régressé, de réaliser une chose, en semant des fleurs ou des tomates ou en ramassant un pot traînant par terre.  Plusieurs faits démontrent l'investissement des résidents à l'atelier. Les réalisations sont appropriées, les participants de l'atelier, parlent de "mes tomates", même s'il participe que par  le regard posé sur les légumes poussant. Pour nous, ce regard est aussi important que le travail réel d'autres jardiniers.

J’aurais pu vous parler de l’atelier »choisir » que j’ai monté, il y a 18 ans. Il se déroule à la médiathèque de Givors. Le résident choisit à son tour un CD. Depuis la création de l'atelier, nous goûtons des musiques différentes. La musique est le moteur de l »atelier, La musique est l’arme du futur disait Fela, saxophoniste, et  nigérian.

 

 La culture peut être conjuguée en plusieurs temps, sur des rythmes différents.

 La culture est un apport, un peu le sel le poivre et les aromates, qui relève de ce plat musical, littéraire, tout simplement la vie. La culture est la vie, notre vie. Durant cet exposé, je parle beaucoup de la vie.

Voilà   ma vision du « prendre soin », je prends soin du résident, mais aussi  je prends soin de moi. Enfin l’empathie. L’empathie est notre cheval de bataille par excellence de la communication dans notre métier. C’est l'art d'écouter l'autre pour se mettre à sa place tout en restant soi-même. Le mot empathie signifie étymologiquement  "sentir à la place de l'autre ».

Nous essayons de nous mettre à leur place ou comprendre ce que vit le résident.

La réalité nous rappelle que le foyer n’est pas le meilleur des mondes. La vie est un

long fleuve tranquille, mais avec beaucoup de cascades et de chutes. Pourtant les résidents vivent, nous aussi.

 

Octobre 2013.

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8 juin 2012 5 08 /06 /juin /2012 15:02

si nous devenions les trublions,
une pensée qui permet aux  sujets accueilis dans nos foyer de vivre.
la formation doit etre un de nos outils

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21 juin 2009 7 21 /06 /juin /2009 18:44

Philippe, je reste à la CFDT, car tu y es.

les meme qui te crache dessus sont les memes qui oublient qu'ils devront un jour rendre des comptes.
gerard n'a pas été élu, la CFDT devient  FO des années 70, plutot certains aimeraient que la CFDT devienne un syndicat de composition, plutot un syndicat de lutte

Philippe, je suis derriére

pourtant, nous sommes pas forcément d'accord politiquement

je sors d'une campagne pour le Front de Gauche

à bientôt


    JPIerre

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9 février 2009 1 09 /02 /février /2009 11:55
2008, « Si je veux réussir à accompagner un être vers un but précis, je dois le chercher là où il est, et commencer là, justement là, comprendre ce qu’il comprend » Sfren Kierkegaard 1813 -1855 écrivain et philosophe danois. ...

Janvier 2008,



à la suite d’un essai en décembre, et d’une discussion avec les résidents de l’atelier « choisir », nous mangeons ensemble le mercredi midi. Ce temps permet de développer des échanges enrichissants, avant le départ à la médiathèque Max Pol Fouchet de Givors. Avant janvier, nous devions aller à Condrieu chercher JLuc et Didier. Beaucoup de remue ménage, une course contre le temps. Le temps du voyage continue à être un moment d’échanges de plaisanteries, de choses sérieuses. Le groupe devient un groupe d’inscrits à un temps culturel. Cette année, je commence l’écrit par un volet du triptyque, les concerts un autre volet, simplement la culture. En 2003, j'écrivais que " La culture est un apport, un peu le sel le poivre et les aromates, qui relève ce plat musical, littéraire, tout simplement la vie. " le dernier volet est le groupe En mai, nous sommes allé un soir écouter un conteur nous raconter une histoire d'Afrique, avec des résidents de l'atelier, et des résidents intéressés par ces soirées. En juin je regrette qu'aucun collègue n'ait pu accompagner les résidents au concert de la Ferme du Vinatier, Comme chaque année le Rhino Jazz, colorise cet atelier. Après un petit casse croûte à St martin la plaine, la commune depuis quelques années nous prête une salle. Nous avons assisté à des barrissements pyrotechniques. Un rhino sur un toit brûlant enflamme l’édition 2008. puis un concert dans une salle bondée. Des empêcheurs de tourner en rond trimballent leurs notes contre vents et marées. Les lèvres rivées à leurs cuivres, ils défilent au rythme de différents styles. Swing, funk, saoul et hip hop résonnent sous leurs doigts. Le groupe s'est laissé envelopper par les sons du Jazz. Nous sommes assis sur les marches. Le lendemain, une membre de l'équipe du Rhino jazz me propose que l'an prochain, je réserve les places avant. Je décline sa proposition. Comment parlez d'intégration, quand nous serons dans des cases Le mot d'intégration est souvent abordé pour les résidents handicapés. Nous souhaitons intégrer des martiens, des petits hommes bleus , non, des résidents nés différents, certains utilisant la parole pour nous parler, d'autres leur corps ou leurs matières fécales. Pourtant ce sont des résidents qui n'ont pas eu de chance, ils ont un handicap. Au nom de quoi des résidents vivant au foyer auraient un privilège sur les Ripagérien. En Novembre le Rhino Jazz est venu nous visiter. , Fred Meyer nous a joué sur la corde de l’improvisation pour raconter des histoires entre deux morceaux. L’Afrique, l’Inde et l’Argentine s’ébauchent à travers le prisme du jazz. En Février, nous sommes allé jazzer en soutien au Dapela du Vinatier, comme chaque année. Avec BLUES BOOM, Jack BON et ses instruments nous ont raconté l’histoire de la communauté afro américaine, illustrant les liens qui existent entre l’apparition du blues, son évolution et les bouleversements sociaux. A chaque période correspond, à la guitare et au chant, des blues représentatifs des différentes époques, de leurs styles, de leurs artistes. Encore un partenariat culturel avec une structure d'un centre spécialisé, avec laquelle nous travaillons. Fin d'année, un samedi, le groupe est allé à Givors voir un film documentaire sur le zoo de St Martin la plaine. La musique est apaisante, elle semble panser les dégâts causés par les difficultés, permet de penser à une prise en charge de ses difficultés, de vivre malgré ses difficultés. La musique, comme le dit Fêla, chanteur, saxophoniste, chef d'orchestre et politique nigérien, est l’arme du futur. La musique permet à l’autre de se construire quelque chose. Le temps d’écoute semble un temps de repos où la musique berce le temps. En lisant les différents écrits depuis 1996, je remarque que le projet initial était de travailler le choix. Le projet s’est modifié, plutôt les résidents ont accrochés une locomotive, nommés par moi le plaisir. Le plaisir est la médiation. Il permet à l'autre de communiquer des non paroles, des choses immatérielles, éphémères. Souvent, j’essaie d’observer comment le résident choisit le cd proposé à l’écoute au groupe. JCh, parle par son regard. Lors de la première séance a eut une absence qui a nécessité l’intervention des pompiers. Les résidents se sont sentis en sécurité grâce aux personnels de la médiathèque, pendant que je m'occupais de lui. D est le seul du groupe qui sait lire. Il feuillete les cd dans le bac, sort 1 cd. Pendant l’écoute, il sommeille. Il nous dit que le soir l’éducateur lui pose des questions sur le choix de l’après midi. Il court en sortant de la médiathèque pour ramasser des mégots. Nous nous sommes mis un contrat. Il ne peut continuer à venir à la médiathèque, si il continue à ramasser des mégots par rapport à l’image négative de compassion qu’il renvoie à l’extérieur. Jl fait glisser les cd dans le bac et prend le premier venu. Pendant l’écoute, il ferme les yeux, les ouvre. S aimerait choisir à chaque séance. Il aime proposer à l’écoute Jean Ferrat, (chanteur apprécié par sa mère, décédée aujourd’hui). C, décidé, il connaît quel chanteur proposé au goûter au groupe. Il peut proposer à l'écoute des musiciens africains. P a une culture musical, bien souvent, il choisit Renaud, chanteur qu’il apprécie. Mais il connaît le bac « R », mais peut prendre un autre chanteur commençant par « R » JP choisit toujours un chanteur des années 60/70. La difficulté est qu’il connaît le nom mais souvent une phrase, un mot. C'est dur de trouver la chanson, mais nous y arrivons à chaque fois. Lors d’une réunion inter secteur, Madame Krichi, la directrice notait que l’atelier « choisir » est un groupe soudé. La composition du groupe est très hétérogène. Le groupe est arrimé à ce temps du mercredi après midi. Le groupe a intégré l'arrêt de la médiathèque car je suis en congé ou en juillet et août qu'elle est fermée Entre un des premiers membres du groupe, je pourrais dire fondateur et le dernier résident accueilli, un écart s’observe. W est très impliqué dans l’atelier, se renseignant, se créant des lieux (avec les salariés de la médiathèque, avec Pierre Claude, figaro de la coiffure, à la retraite maintenant, son salon était à coté de la médiathèque, lors des sorties à des concerts saluant des personnes reconnues) et x, nouvel arrivé dans l'atelier se faisant porter par le groupe. Lors du déplacement entre le parking et la médiathèque, il flâne, s’arrête, au début je l’ai perdu, il était resté piquait devant une vitrine d’un magasin. Il demande tout le temps un lien. Alors que w et z ont installé des rituels, avant de rentrer à la médiathèque, lecture de la une du " Progrès", journal régional. Ce ne sont que des observations. Il est Vie-tale pour moi de noter, d'observer le groupe pour essayer d'entendre, de sentir, tout simplement leur manifester de l'empathie, qualité première des professionnels du social. Une équipe s'est constituée avec des complémentarités (les résidents ,les bibliothécaire, moi ) De temps de temps, des échanges se créent avec le personnel de la médiathèque. Nous échangeons sur l'atelier, sur nos collaborations communes ( le mois du film documentaire, festival du conte, fête de Givors..). ils ont peur que ce travail en collaboration s'arrête, comme s'est arrêté celui autour du livre avec un foyer de l'Isère, suite à une décision de l'équipe de direction. En lisant les 30 pages racontant l’histoire de l’atelier « choisir », je me dis que parfois, il serait bien de pouvoir travailler les sens de ces écrits. Depuis 10 ans, comme mes autres collègues, je mets des mots sur ces après midi. Je ressens le besoin Vie-tale de travailler ces mots, ces 32 pages écrites depuis 1996. Des collègues m'interrogent sur l'atelier, en trouvant l'atelier intéressant pour les résidents mais ils me disent que partir seul avec le groupe fait peur. Pourtant le groupe s'autorégule.
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30 novembre 2007 5 30 /11 /novembre /2007 14:50

….Choisir

 

1996

 

           

 

 

 

 

            Cette activité a débuté avec Yasmina  Ferah,  en Contrat  Emploi Solidarité à l'appartement de Pont-Evêque. trois résidents y participent. Elle  se déroule à la médiathèque   Max Pol Fouchet de Givors. Nous bénéficions de l'auditorium de la médiathèque (salle équipée).  Chaque  résident peut emprunter un CD, chaque mercredi. Au départ, nous y allions le mercredi de 16h à 18h, depuis Novembre, à la demande des animateurs de la médiathèque,  toujours le mercredi, mais de 14h à 16h. J'ai repris cet atelier, en octobre.

 

 

            Le projet initial est de stimuler le résident, dans le choix, dans ses désirs, dans ses préférences, tout en n'intervenant pas sur ceux-ci. Chaque résident diffère d'un autre. Animer  cet atelier, c'est d'abord respecter la différence culturelle et la préférence de chacun en individualisant le choix, tout en prenant en compte qu' il  appartient  au groupe". La diversité des choix permet la découverte de différentes musiques. La difficulté est d'éviter que le choix reste limité à un ou 2 chanteurs en vogue ces temps-ci. Ensemble, plusieurs fois durant le dernier trimestre, nous avons essayer de faire l'inventaire des chanteurs ou des musiques connues par eux.

            A aucun moment, j'influence le résident, mon "rôle" est de l'aider à trouver le CD choisi dans les présentoirs, mettre en marche le lecteur et l'ampli. Un tour s'est institué pour la sélection,  il parait difficile d'écouter 3 CD durant les 2 heures.

            Durant le voyage aller, nous reprenons ensemble la séance précédente. D'abord, un tour de "banquette" permet de savoir qui a choisi la dernière séance. Je leur demande à chacun de commenter le choix de l'autre, si cela leur a plu, mais ce commentaire se fait toujours a posteriori. 

            Il est difficile d'émettre une réponse personnelle à l'interrogation  du résident sur mes choix personnel, sans risquer une influence de ma part sur leur choix. Chacun  maîtrise la communication verbale différemment, je permet à chacun d'exprimer son choix, en prenant parfois du temps, donc en réduisant le temps d'écoute. En décembre, devant la difficulté d'un résident d'exprimer sa préférence, une discothécaire a proposé au groupe un chanteur, la proposition  a été repris par le groupe.

 

 

            Pendant l'écoute, j'interroge le groupe d'abord sur le nom de l'interprète, sur les instruments de musiques que nous pouvons reconnaître ou tout simplement qu'ils peuvent connaître. Parfois, nous parlons à voix douce, de différents sujets ou événements survenus au foyer.  Un seul indice  permet de mesurer le plaisir, ou le partage du choix, les résidents font onduler leur corps ou claquent des doigts en rythme avec la musique pour certain, ou avec leur musique ou souffrance intérieure. Le soir, à l'appartement, l'éducatrice qui travaille , pose des questions sur la séance aux résidents.

            En 1996, le groupe accueille un résident, le groupe se "compose" de 4 résidents.
1997

 

 

 

 

 

 

..Choisir,  ensemble..

 

 

 

 

 

Cinq résidents participent à cet atelier, se déroulant de 14 à 16h. Ce temps est possible, grâce à la collaboration avec les bibliothécaires de Givors. L'année 1997 est l'occasion de démontrer cette affirmation. Au début de l'année, l'auditorium s'est fait cambrioler et l'ensemble du matériel Hi-fi est volé. Le discothécaire s'est débrouillé, pour la séance suivante, de trouver du matériel d'un autre service.

Nous avons interrompu nos écoutes, pendant le mois de juillet et d'aout. La bibliothèque était fermée le mercredi. De septembre à Décembre, le groupe a subi une pause, à cause de la restructuration de ce lieu culturel. La possibilité d'utiliser la salle de la section jeunesse a permis ponctuellement de continuer ce moment. Le cadre était moins propice à l'écoute, mais l'atelier a continué quelques mercredis. J'aurais pu déplacer ce temps dans un autre lieu, sur un module ou à la bibliothèque du foyer. Le voisinage de discothèque  avec l'auditorium, réduit le temps de voyage et donne du sens à ce moment.

Le groupe s'est enrichi de deux nouveaux résidents., l'un dès janvier, l'autre en septembre. Lors d'une séance, j'ai interrogé les résidents sur leur motivation à participer à ce groupe.les 5 résidents ont exprimé la volonté, le désir d'écouter la musique. Ce temps est particulier, moment d'échanges verbaux ou non, temps de relations particulières, avec la musique comme médiation. Pendant l'interruption de l'automne, un participant du groupe, réclame ce temps musical. Le mercredi, les résidents attendent l'heure de départ.

Pendant ces 2 heures, le résident écoute son choix, mais aussi ceux des autres membres du groupe. Chaque mercredi, un seul CD est entendu. Cette demande d'attention à l'autre est difficile, leur handicap les isole, les rend individuel. Un résident très bavard, pendant l'écoute, ou pressé de partir arrive maintenant, au fil des jours, à accepter certaines règles. La participation, lors de ce moment musical, diffère d'un résident à l'autre.  Un résident, inhibé au foyer, se met à chanter, à danser. Durant l'écoute du CD, un autre reste à regarder l'index de sa main droite, même quand je le sollicite. Mon intervention est surtout pour faire respecter les règles, le déroulement, le silence et le respect du choix de l'autre.

 

 

Le changement, chaque semaine de sélectionneur colore le groupe, mais aussi amène l'autre à exprimer un désir. La reprise, lors du voyage retour au foyer, m'évite de tomber dans une lassitude. Le projet initial de travail sur le choix s'est simplifié. Ce moment devient un loisir où le désir et le plaisir sont les locomotives du mercredi après-midi.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


1998

Choisir...

 

 

 

 

 

 

 

Choisir, vient du gothique, kausjan, "éprouver, goûter". Cette définition renforce mon projet de l'atelier, son contenu. Nous goûtons une musique qui n'est forcement celle que nous apprécions. L'an passé, je concluais mon bilan , par .. Ce moment devient un loisir où le désir et le plaisir sont les locomotives du mercredi après midi. Je pense que ce moment de goûter, se situe au dessert,  temps généralement composé de douceurs.

Une nouveauté, en 1998, je fais goûter un cd de mon choix. Je suis inscrit dans le roulement du groupe. Je termine "le cycle".

En septembre, un résident choisit d'écouter un CD et plus particulièrement une chanson, dont il ne connaît qu'une phrase". Il explique que sa maman, décédée en juillet appréciait beaucoup cette chanson. Durant l'écoute, il parle de sa tristesse, mais aussi d'un sentiment de partage avec sa maman.

JPL souhaite écouter des chanteurs des années 60 et toujours une chanson précise. Ce choix pose souvent la question de la disponibilité du CD, dans le catalogue. Souvent il choisit de nouveau, devant les bacs des C.D. Il n'écoute que la chanson demandée, entonnant le refrain. Il  reste à regarder l'index de sa main droite. Les autres fois, il s'assoit, ne laisse apparaître aucune réaction, pendant l'écoute. Pendant ces 45 minutes de musique, il reste dans son monde.Il vaut mieux laisser le temps se dérouler, en étant attentif, pour saisir des laps de réaction. Après l'écoute d'un CD, que j'avais choisi, il me dit qu'il n'a vraiment pas aimé, première fois qu'il réagit et qu'il ne répète pas une phrase entendue quelques minutes avant.

Un résident anime souvent le groupe. Il rappelle l'ordre de passage, du choix, avant de monter dans le Boxer, il interpelle celui qui doit choisir.  Nous avons aussi continuer à travailler l'image que le groupe renvoie à Givors ou à la médiathèque Maintenant le résident qui choisit, monte avec moi, prendre le CD. Le reste du groupe accepte d'attendre dans le coin revue ou dans l'auditorium. Les résidents n'interpelle plus les bibliothécaires. On ne va pas à la médiathèque en tenue de chantier, donc on s'habille bien.

L'atelier "choisir" est vraiment inscrit dans le temps des résidents. " Cette après-midi, nous allons à la médiathèque" , c'est mercredi, c'est musique.

J'ai constaté une évolution, dans l'acceptation par le groupe d'écouter un CD choisi par un autre. Ils se sont arrêtés de montrer de l'impatience, aprés une ou deux chansons écoutées, de se lever, de manifester de l'envie de partir.

 

 

L'atelier s'est interrompu, pendant les mois de juillet et d'Août, fermeture de la médiathèque de Givors. Je n'ai pas remplacé ce temps, par un autre temps. En septembre, je dois rappeler la règle principale, d'écouter le choix de l'autre. Certains résidents se trompent de moment.

Septembre 1998, voit l'inscription officielle de cet atelier dans le planning de la médiathèque Max-Pol Fouchet, de Givors. Une personne de la médiathèque est référente du groupe. Je donne  le planning à la fin du mois pour le mois suivant.

Un projet pour 1999 : la participation à un concert.

 

 

 

 

 

 

1999

Choisir...

 

 

 

 

 

 Le groupe s'est installé dans ce temps de loisir, de goûter musical. Certains résidents annoncent leur choix en arrivant à la médiathèque. D'autres se baladent devant les bacs contenant les disques compacts,  feuillette, comme on peut le faire avec un livre avant de l'emprunter ou de l'acheter, et prend un disque compact. Le choix peut être juste un mot, un son et le nom du chanteur. La reconstitution du choix est dure, alors.

L'écoute d'un disque compact permet parfois un lien avec un temps d'internat, avec sa propre discothèque ou avec un proche.

Le retour en septembre continue à être un moment où nous réapprenons à écouter le choix de l'autre, à attendre la fin du disque compact.

Je terminais le bilan 98 de l'activité, en envisageant la participation du groupe à un concert. Nous ne sommes pas allés à un concert. Mais en février 99, la médiathèque organise une exposition d'un illustrateur de livres pour enfants. L'atelier est suspendu. Nous allons visiter l'exposition, le deuxième mercredi de celle ci. L'exposition occupe la salle de l'auditorium. Le groupe se pose des questions. "Et la musique ? C'est fini, la musique ?".  Le groupe a du mal à comprendre, nous sommes dans l'auditorium et nous faisons autre chose que d'écouter de la musique.  Pourtant  nous avons  parlé de cette suspension en janvier 99. Ce mélange de lieu provoque une difficulté à comprendre. Le mercredi suivant, la musique repigmente l'après-midi

En septembre  le groupe accueille Pierre, résident d'un foyer lyonnais, pendant l'hospitalisation de son père. Il a des problèmes pour rester à l'écoute pendant 45 minutes. Il parle, meuble le temps par ses flots de mots, alors que la musique colorise ce temps. Le groupe le rappelle à l'ordre. Pierre désire  d'écouter de la musique classique. Pierre choisit la 5éme symphonie de Beethoven. Une odeur, une couleur, un son  différent , change, met une touche en plus. Le groupe a manifesté son non-partage avec ce choix, en sortant de la médiathèque Je ne sais pas si la musique qui a déplu ou la présence massive de Pierre, dans le groupe.

 

 

En Octobre, Joseph, bibliothécaire, mais aussi chanteur (nous sommes allés l'écouter lors d'une fête à Givors) nous propose un mini-récital de guitare classique, à 16H. Nous  quittons habituellement la médiathèque vers 15h15, 15h20.

Nous avons sonorisé l'heure (15h à 16h) par différentes musiques ( Jazz, Halliday, ).

JPaul  exprime son déplaisir à écouter, il veut rentrer au foyer Le Reynard.

Le reste du groupe écoute, entonne certaines chansons. Ils attendent le récital de Joseph. Joseph leur demande de choisir dans son répertoire. Le groupe ressort content de ce supplément au "goûter du mercredi".

Joseph propose de  donner un récital, en juin 2000, au foyer.

Les résidents ne dansent plus sur la musique. Ils se laissent envelopper par la musique, certains ferment les yeux. Ce changement s'est fait lentement. L'atelier "Choisir" est un temps d'écoute de musique.

 

 


6/12/00

choisir...

 

 

 

 

Le groupe s'est agrandi plusieurs fois dans l'année. Suite à sa synthése le groupe accueille J. Pour les résidents, en particulier E, il semble normal qu'il participe, à ce groupe. Il est vrai qu'avec J, des relations priviligiées se sont établi depuis 7 ans.

 

 

A chaque accueil nouveau, les règles de "choisir" sont expliquées. Lors du dernier accueil, les résidents les ont expliqués.

En fin d'année, P fait la demande de s'intégrer au groupe. Ce souhait semble motivé par la volonté de participer à un atelier extérieur au foyer. Sa participation s'arrêtera en janvier 2001. Il a eu des difficultés à intégrer le groupe, n'acceptant pas le cadre(heure du départ, par ex.).                                  .

 

 

 

 

Lorsque  JP choisit un disque compact, il chante en même temps que le disque passe. Il "s'active" seulement lors de ses choix. Il passe le reste des autres séances à regarder son index. Il semble plonger dans son silence, dans la musique.

 

 

JL, arrivé à la médiathèque, s'allonge sur un pan de l'auditorium, ferme les yeux. Il dort bercer par la musique, même quand il choisit.

P très attentif lors des écoutes, chatonne une chanson connue et il parle de son catalogue musical.

 

 

En octobre, un reportage, dans le journal municipal, sur la médiathèque de Givors parle de l'accueil du groupe. Le groupe fut content de l’article. E cherche un de ses collègues sur la photo. Il n’avait pas souhaité y être.

 

 

L'an passé, en 1999, j'écrivais que je souhaitais que le groupe assiste à un concert. En Octobre, pendant le festival de Jazz de Rive de gier, nous sommes allés écouter un mini récital à la médiathèque de la Grand Croix (Loire). Arrivés sur le lieu d'écoute, le groupe se dissout dans les spectateurs.

 

 

Le groupe arrive à être un groupe comme les autres. Pour 2001, d'autres concerts ou récital.


 

 

 

 

ce dernier écrit n'est que la premiére épreuve

 

 

 

 

 

déclaration des droits de l'homme     ARTICLE 27

 

Toute personne a le droit de prendre part librement à la vie culturelle de la communauté,

 

 De jouir des arts et de participer au progrès scientifique et aux bienfaits qui en résultent.

 

 

 

2001-10-11

 

Choisir….

 

 

 

J'ai trouvé" cet article de la déclaration des droits de l'Homme, en préambule d'une intervention, sur la culture et des personnes, d'un psychiatre. J'ai trouvé que ces deux lignes sont l'embryon de cet atelier, un carburant qui chanter l'atelier.

 

 

 

Il  commence en 1995, et les années passant, il évolue beaucoup. Rapidement, le temps des "plaisirs" prend le pas sur le choix. Comme le dit JMichel Ribes, acteur et producteur, " la vraie culture est le plaisir". Le plaisir est la médiation. Il permet à l'autre de communiquer  des non-paroles, des choses immatérielles, éphémères.

 

Le groupe varie de 3 résidents participants au départ, 6 résidents le composent.

 

Fin 2000,  P. souhaite faire parti du groupe. Après son changement de module, il  demande de ne plus faire parti du groupe. P. a besoin de faire la sieste après le repas. Nous devons partir à Givors, vers 13h45. il ne supportait d'être réveillé. Sa participation semblait plus être une participation à une activité à l'extérieur du foyer, qu'une adhésion à la "philosophie" du groupe.

 

 

 

 

 

Ce temps musique, "demain la musique, JPierre ?" comme le dit X, est une balise de la semaine de la semaine pour certains résidents. A 13h30, Jacques, Pierre attendent à l'entrée du foyer ou vienne me chercher sur le module où j'assume l'accompagnement au repas. Pierre fait toujours le point sur la présence ou l'absence d'un de ces collègues.

 

Parfois JP change sa posture, lors de l'écoute, au lieu de fixer son doigt, il se met à taper sa main sur le genou, en rythme. Cette grappe de note fendille les murs de sa forteresse, elle le pénètre, casse sa chronicité qui l'enferme. Le temps de vendange est arrivé, la musique coule, dévale, comme un ru qui jaillit d'une  source. Un filet de note abreuve JP. La musique devient communication non verbale, échange de sensibilité ou tout simplement une imitation. Le temps d'écoute terminé, JP reprends sa marche, interrompu par la musique.

 

E se balade devant les bacs contenant les disques compacts,  feuillette, comme on peut le faire avec un livre avant de l'emprunter ou de l'acheter, et prend un disque compact. Il semble attendre un conseil, puis saisi un CD et nous descendons à l'auditorium. Il s'assoie sur une marche, formant un carré ayant perdu un angle.

A l'issue de la séance, nous allons saluer Pierre Claude, Picasso du ciseau, coiffeur, à côté de la médiathèque. Un échange s'installe, on parle de la famille, de ce qui se vit au foyer, à Noël, on croque des boules de chocolat.

 

 

 Le groupe accueille des stagiaires résidents ou des stagiaires en formation professionnelle ( infirmier, éduc, AMP, lycéen..). S. joue au guide, arrivant à la médiathèque, présentant aux bibliothécaires le stagiaire. Nous semblons partager ce temps musical, de plaisir, de choix. A table, pour goûter nous avons un convive en plus. Ce temps est aussi l'occasion de découvrir d'autres mets musicaux, d'autres senteurs, épicé par des arômes différents, chaque mercredi, une véritable symphonie.

 

 

 

Cette année, Joseph, bibliothécaire de Givors est venu 2 fois, avec son groupe "Kermès" joué au Reynard. Ce fut le moment où musique, joie, plaisir ont été partagés avec le foyer. Des fleurs s'épanouirent, ailleurs qu'au jardin. Un véritable bouquet champêtre de notes, de clefs de sol, de portée compose la musique berçant le foyer en rythme avec le ruisseau "le Reynard". Ce fut une pollinisation du foyer, un printemps avant date.

 

Nous sommes allés à un mini concert, dans le cadre du festival de Rive de Gier, en Octobre  écouter le groupe " Eléfanfare", à la Grand Croix. Le directeur de cette structure est venu saluer le groupe, un résident a été reconnu. Cette sortie a permis au groupe de revoir des personnes rencontrées l'an passé. Ce fut un long fleuve tranquille de jazz, entrecoupé de son différents. Le groupe se laisse pénétrer par la musique, par cette marmite infernale, bouillonnante de note, un Bing Bang.

 

Suite au centenaire de l a loi 1901, le groupe a rencontré Marie France, éducatrice du service de  prévention de la Sauvegarde, travaillant sur le quartier de la médiathèque. Juste un salut, laissant le temps au temps.

 

 Le groupe va évoluer, le groupe va affiner ce temps. Comme le laboureur nous allons continuer à biner, bêcher et  travailler cette terre, plein de musique, de surprise, avec des vers remontant les notes.

 


Novembre 2001

 

 

 

 

 

Choisir, le mercredi …….Et après ?

 

 

 

 

 

 

 

Suite au concert du groupe "Kermès", le mardi 19 Juin 01, je trouve intéressant que d'autres concerts se déroulent au foyer.

Le groupe "Kermès" propose de venir le mardi 18 Décembre à 19h. cette date est retenue en pointillé, accord entre Serge C et Joseph.

Pendant le festival de Jazz de Rive de Gier, j'ai fais plusieurs rencontre avec des musiciens.

Roger Berthet et son groupe de jazz sont d'accord de venir en février mars, pour donner un concert. Roger Berthet, professionnellement est cuisinier à l'IME Chantelouette (Loire), journaliste à Jazz Hot, membre du Jazz Club de St Etienne. J'ai déjà travaillé au cours d'un concert avec le groupe.

Coût : 1500 Frs  + le repas avec les résidents pour le groupe.

 

 

Le groupe Folk "Passé Composé" peut venir animer un bal folk.

 

 

A Rive de Gier, j'ai rencontré Monsieur Bredimir Pierre, 'attaché de presse du Festival de Vienne. Je lui ai parlé de mon souhait de faire intervenir un commando musical, lors du festival de vienne au foyer. Il me propose de rencontrer Monsieur Viallet Frédéric du festival. A moins que par Patricia, une autre solution vous soit proposer

Le coût à voir.

J'ai proposé de monter un dossier pour financer le concert.

 

 

Le projet en plus modeste, c'est arrivé que des Gens d'Ampuis viennent écouter de la musique dans ce lieu de vie nommé "le Reynard".

 

 


2002

 

 

 

…Choisir

 

 

 

Je pars pour ma réflexion d'un point fait de cet atelier en décembre 2002.

Cette activité a débuté, en 1995, avec Yasmina  Ferah,  en Contrat  Emploi Solidarité à l'appartement de Pont-Evêque. Trois résidents y participaient. Elle  se déroule à la médiathèque   Max Pol Fouchet de Givors. Nous bénéficions de l'auditorium de la médiathèque (salle équipée).  Chaque  résident peut emprunter un CD, chaque mercredi. Au départ, nous y allions le mercredi de 16h à 18h. J'ai repris cet atelier, toujours le mercredi, mais de 14h à 16h en octobre1996. L'heure avait changé car l'auditorium était utilisé par une troupe de comédien.

            Le projet initial était de  stimuler le résident, dans le choix, dans ses désirs, dans ses préférences, tout en n'intervenant pas sur ceux-ci. Chaque résident diffère d'un autre. Animer  cet atelier, c'est d'abord respecter la différence culturelle et la préférence de chacun en individualisant le choix, tout en prenant en compte qu'il  appartient  au groupe". Je pensais arriver à ce que chaque résident feuillette les bacs de Cd, comme nous pouvons le faire dans les bacs des bouquinistes des quais et choississe. Chaque résident invite les autres à un banquet musical

 

            Depuis je me suis inscrit à la confection de ce repas musical, suite à un travail en groupe d'analyse de la pratique. Il est difficile de participer à la confection d'un repas, et de ne pas le partager.

            La musique a rapidement bouté un peu le projet, les résidents les résidents aussi privilégiant la musique. La musique mobilise chez chacun d'entre nous, des sensibilités différentes comme un être diffère de l'autre. Vivaldi permet une évasion au niveau de la nature, tandis que Sardou nous parle de choses ou d'autres. ce temps a permis d'entamer pour un résident le travail de deuil de sa mère, pour les résidents le travail de deuil de Jlouis. Nous avons écouté Ferrat car l'une et l'un aimait ce barde.

Ce temps de médiathèque permet un mélange entre le non verbal et les différents sens. La musique permet de devenir fluide, de danser, de tournoyer ou de se fragmenter. De se défaire et de se refaire.(journée de la revue Chiméres, novembre 1999).

            L'an passé, suite à un travail lors des APR (autisme au quotidien) avec le Doc. Froelig (psychiatre dans une M.A.S), sur le droit de chaque individu à bénéficier, à accéder à la culture. Je me suis aperçu que pouvoir écouter, connaître, rencontrer était inscrit dans la Constitution. Quelques mois d'avance, sur la loi de Janvier 2002.

            Il est impossible de parler de "Choisir", sans parler du partenariat existant depuis le départ. D'abord les salariés de la médiathèque surtout Christian (c'est grâce à lui que j'ai pu monter cet atelier) et de Joseph, ami des résidents (fin guitariste, nous avons eu la chance d'écouter le groupe "Kermès" au Reynard) et de  Madame Blanchet, la directrice, par leur convivialité, leur humanité. Ils  reconnaissent Serge, Joseph, Éric, Jluc, Jpaul et Philippe comme des êtres humains, comme des usagers de la médiathèque.

            En octobre 2000, son maire Monsieur Passi qui a tenu à officialiser son soutien à "choisir". Le journal municipal de Givors a parlé de l'atelier lors d'un reportage sur la médiathèque. Le  voisin, coiffeur, Pierre Claude, discute avec le groupe, offre une cravate à Joseph. Son salon est souvent un point de passage avant de repartir à Ampuis. Depuis début 2002, nous passons devant le bureau du quotidien régional et je leur lis quelques titres ou les résultats de l'Olympique Lyonnais.

La participation, lors du festival de Jazz de Rive de Gier, , depuis 3 ans. Cette année nous avons intégré une activité du centre social H. Matisse de Rive de Gier. Lors de la découverte de l'affiche, ils demandent quand ils iront.

Le seul regret, actuellement, je ne suis pas arrivé avec le festival de jazz de Vienne, à faire un banquet de Jazz au Reynard.

Cet atelier a pu être stable, car il est chaque mercredi, sauf lors de congé, lors de la fermeture estivale. Il est attendu. Je dirai aussi qu'il appartient aux 6 résidents du groupe.

J'écrivais dans le bilan d'activité de 1996, "Animer  cet atelier, c'est d'abord respecter la différence culturelle et la préférence de chacun en individualisant le choix, tout en prenant en compte qu'il  appartient  au groupe". La diversité des choix permet la découverte de différentes musiques." Pourtant,  je me pose la question comment réagir quand un résident prend un disque compact, se trouvant sous sa main, sans véritable faire un choix. Il est arrivé que le groupe s'ennuie, pendant l'écoute. Certain demande l'heure, quand part-on ?

Choisir est goûté à des musiques différentes et à exprimer leur ressenti. Il y a 3 ans, je leur avais proposé l'écoute des "garçons bouchers".  En sortant, l'ensemble des résidents m'a exprimé, qu'ils n'avaient pas aimé. L'écoute musicale est un apprentissage perpétuel, de découverte.  Je pense que goûter est possible quand une palette musicale est proposée. L'écoute s'offre à l'imaginaire du résident. En transformant ses différentes écoutes, le résident semble  se transformer. En cultivant sa palette musicale, il cultive peu à peu son goût, et raffine dans le dégoût. L'atelier développe "le souci de partager, la convivialité, la commensalité"

Je ne donne pas de réponse à mon interrogation, mais je voulais l'aborder.

La médiathèque est située au centre d'une ville ouvriére, Givors. Une à deux  fois nous avons été dérangés par des adolescents qui tapaient sur les vitres ceinturant l'auditorium. Des bibliothécaires sont intervenus pour faire cesser ce raffut. Aujourd'hui, je me pose la question d'une intégration possible au sein du groupe. Avec l'équipe de prévention intervenant sur le quartier, il y avait un projet, d'accueillir ces ados. L'éducatrice de prévention me disait que des jeunes s'intéressaient au travail fait pendant cet atelier.

Beaucoup d'idées.

 

 

                                                           JPierre Meyer

                                                           Moniteur éducateur

 

 

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22 juillet 2007 7 22 /07 /juillet /2007 19:37

on   fait comment pour gagner

 

devons nous attendre un messie  ou prendre en main notre avenir ?

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  • moniteur éducateur,  animateur d'abord de 1975 à 1977, puis directeur bénévole de centre de vacances d'enfants handicapes mentaux de 1980 à 2010. tout cela avec les éclaireurs de France
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pour la rupture avec le capitalisme ! retraité
  • moniteur éducateur, animateur d'abord de 1975 à 1977, puis directeur bénévole de centre de vacances d'enfants handicapes mentaux de 1980 à 2010. tout cela avec les éclaireurs de France militant altermondialiste et surtout écologiste je souhaite lutter pour une société égalitaire pour la rupture avec le capitalisme ! retraité

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